Des Québécois continuent de se déplacer d’un pays à l’autre

Des Québécois continuent de se déplacer d’un pays à l’autre

Des Québécois continuent de se déplacer d’un pays à l’autre

Les frontières canadiennes ont été fermées lundi dernier en raison de l’éclosion de la pandémie du coronavirus, mais des Québécois continuent de se déplacer d’un pays à l’autre.   

Confrontés à des mesures de sécurité sans précédent, quatre ressortissants canadiens téméraires ont accepté de raconter leurs histoires et de partager leurs motivations.      

JEFFREY, ÉTUDIANT     

Inscrit à la London School of Economics, un établissement qui a notamment formé Jacques Parizeau, Jeffrey reviendra au pays dans les prochains jours pour vivre la quarantaine auprès de sa famille qui réside à Laval.     

«Je suis installé à Londres depuis septembre dernier. Je ne suis pas parti parce qu’il y avait une pandémie ou parce que ça m’excitait et que les billets d’avion étaient moins chers. Je veux juste mettre ça au clair. […] De toute façon, c’est la loi de l’offre et la demande. Plusieurs lignes ont été coupées, il y a moins de vols et les prix montent.»     

S’il rentre chez lui, c’est plutôt parce qu’il est inquiet. Au Royaume-Uni, estime-t-il, aucune mesure de confinement n’a encore été prise. «Il y a une période d’incertitude avec le gouvernement de Boris Johnson parce qu’il n’y a pas de règles concrètes qui sont émises. Par exemple, il conseille aux Britanniques de ne pas aller au pub, mais il n’y a pas de règles pour que les pubs soient fermés. […] C’est là qu’on réalise que la montée du populisme a certaines conséquences. Les leaders qui proviennent de ces mouvements-là ne sont pas aptes à gérer un pays en cas de crise majeure. Ils n’ont pas nécessairement les outils et ça fait très peur, je trouve.»     CRÉDIT PHOTO : TIM GOUW SUR UNSPLASH

FLORENCE, TRAVAILLEUSE CULTURELLE     

Partis au Costa Rica le jeudi 12 mars à l’aurore, Florence et son conjoint ont eu toute une surprise à leur arrivée à destination.     

«On est partis de Montréal vers 5 h du matin. On avait acheté nos billets depuis longtemps et, honnêtement, la veille de notre départ ce n’était vraiment pas aussi fou. On savait que ça se passait, mais le Québec n’était pas si concerné que ça. […] C’était dur de comprendre ce qui se passait parce qu’on était loin et qu’on n’avait pas de réseau internet. C’est juste quand on revenait chez nous au Airbnb que les textos de nos amis et de nos familles commençaient à rentrer.»     

Sur le chemin du retour, néanmoins, elle a vraiment été en mesure de saisir l’ampleur de la situation. Huit jours plus tard, le trajet inverse a été parsemé d’embûches.     

«À la frontière au Canada, ça a été le bordel. Moi je suis canadienne, mais mon chum est américain. Il vit au Québec depuis sept ans, il a un visa de travail et tout ça. […] Ce qu’on a dû faire, c’est prouver qu’on était conjoints de fait. On a dû leur montrer des photos de nous datant de 2017, puis prouver qu’on habitait bel et bien ensemble. On leur a montré notre bail, on l’avait dans nos courriels, mais ce bail-là commençait juste en juin de l’année passée. Avant ça, on vivait en colocation avec des amis et on n’était pas sur le bail… Heureusement, on a réussi à trouver de vieux talons de paie dans nos courriels avec nos adresses dessus. Finalement, ça a été correct, ils l’ont laissé entrer. […] Là, nous sommes à la maison pour 14 jours sans sortir. On ne bouge plus!»
  

SARAH, STRATÈGE EN MARKETING     

Rejointe sur une île de la Guadeloupe d’où elle devait suivre un stage de plongée qui n’a finalement jamais eu lieu, Sarah garde le moral.     

«Après, on reste dans un cadre qui est idyllique. Je ne me plains pas. Même si on n’a plus le droit de sortir, ça reste joli autour. […] Je n’avais aucune crainte quand je suis partie le 11 mars dernier et je pense que j’ai encore du mal à réaliser ce que ça veut dire. Quand on nous a annoncé qu’on n’avait plus le droit de sortir, je pense que ça a commencé à ouvrir un peu mes yeux. C’était aussi très spécial quand les 80 autres résidents de mon hôtel sont partis. Imagine 80 personnes qui quittent le grillage du centre en avançant en file indienne avec cinq mètres entre chacun d’eux. Ils ont marché comme ça pendant 20 minutes pour rejoindre le bateau. J’avais des frissons à regarder ça, c’était fou. T’as les gendarmes qui surveillent. Ça faisait très Handmaid’s Tale comme scène.»     

Au moment où nous lui avons parlé au téléphone, la citoyenne canadienne d’origine française devait regagner Montréal en avion. Elle espérait que son vol de dimanche ne soit pas annulé.      CRÉDIT PHOTO : SOFIA SFORZA SUR UNSPLASH

CLAUDIA, ÉTUDIANTE     

C’est par message privé Instagram que nous avons rejoint Claudia. Elle se souviendra longtemps de son voyage à Punta Cana en République dominicaine.     

«Je suis partie le 13 mars et, deux jours plus tard, il y avait des rumeurs comme quoi je ne pourrais peut-être pas retourner [à la maison]. Pourtant, je me suis informée avant de partir auprès de Voyages à prix fous, mon agence, et ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de problème.»     

Une fois sur place, cependant, la compagnie avec laquelle Claudia fait affaire a renvoyé la balle à quelqu’un d’autre. On ne lui a pas offert de l’aide pour rentrer au pays.     

«On nous a dit qu’il fallait voir avec le représentant d’Air Transat… qui n’a pas l’air d’être très bien informé lui non plus. Pour l’instant, le représentant nous a dit que nous gardions la même date de retour, mais il nous a quand même suggéré de faire nos valises au cas où nous partirions avant. On attend qu’il nous donne de vraies informations, mais rien n’est sûr.» 

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